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Voici ma dernière acquisition (involontaire mais néanmoins appréciée) en date : une robe médiévale rouge offerte par deux chats. Ces deux adorables chatounes - Poquette et Calli de leurs prénoms - ont trouvé le moyen d'aller sur eBay, page qui n'était pas ouverte, de trouver cette robe qui n'était absolument pas en suivi, de rentrer un chiffre dans la bonne case et de cliquer sur "Enchérir". Il n'y a personne à la maison qui ait fait ça, et personne à ma connaissance qui n'ait mes mots de passe pour le faire à ma place. L'ordinateur était allumé, et les chats ont l'habitude de marcher près de l'ordinateur, voire carrément sur le clavier, donc ça se peut... mais c'est quand même une sacrée coïncidence. Elles ont eu de la chance dans mon malheur, car c'est une robe qui me plaît, dans une couleur qui me plaît et une matière que je n'ai pas, et une taille unique qui me va. Mais j'espère qu'elles éviteront de recommencer, car à 45€ la connerie, ça va finir par faire cher pour la maîtresse. On va dire que c'est un cadeau de fin d'année, car pour ceux à qui je ne l'ai pas dit, je viens de terminer pour toujours l'université de philosophie en récoltant une jolie mention pour mon mémoire de M2 qui portait sur la traduction et ses limites en philosophie.

Ca complétera bien celle-ci, qui était un beau cadeau d'anniversaire de la part de mes grand-parents il y a deux ou trois ans maintenant :

             

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Si le style médiéval vous intéresse pour une robe, je ne peux pas mieux vous conseiller que d'aller sur eBay et taper "robe médiévale". Une quantité énorme est fabriquée par une marque allemande nommée Edi's Allerlei, ou "Larp", ou bien "Mittelalter" : il y a des choses formidables, vous verrez. Ca se fabrique généralement en coton pour les robes de tous les jours, en velours pour les robes de fête, et vous remarquerez aussi à quelle vitesse un prix à trois chiffres devient raisonnable pour une robe, même si vous avez l'habitude de vous habiller chez Kiabi. C'est assez fascinant, c'est en soi une expérience sociale épatante.
Lacets devant, lacets derrière, souvent les deux : les robes que l'on trouve le plus facilement sont des tailles uniques, pouvant aller du 34 au 52 par un système de rubans. Bon, on peut parfois avoir du mal à ficeler la robe (une fois mise) toute seule, des fois il faut un petit coup de main, mais les fabricants sont généreux en matière de rubans, même tout ficelé, il y en a qui tombent jusqu'à par terre. Les robes sont aussi très longues, arrivant généralement jusqu'aux pieds - ce qui ne vous dispense pas de trouver de jolies chaussures pour aller avec - et les manches sont triangulaires et pendantes. C'est un certain style, il faut aimer, j'adore.
Si vous tapez "robe médiévale" sur Google, vous tomberez sur une tonne de sites dont l'Echoppe Médiévale, qui est située sur la colline de la cité de Carcassonne - là aussi, sur place, vous trouvez des choses formidables. Il y a également un bon nombre de couturières qui font régulièrement des robes médiévales ou qui se spécialisent carrément là-dedans, et là, on trouve des spécialités à l'intérieur des spécialités : robe médiévale, certes, mais elfique, gothique, celtique, de mariage, avec traîne, sans traîne, avec ou sans coiffe, avec ou sans crinoline...

          

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Dans les rues de Carcassonne.

         
             

Le costume roman
         

Le costume masculin et féminin est similaire du Vème au XIIème siècle. Il se compose de la chainse (une tunique de dessous) portée avec une ceinture. Le bliaud est porté par-dessus la chainse laissant voir l'encolure de celle-ci par une fente que l'on nomme amigaut. Le bliaud atteint les genoux pour l'homme et le sol pour la femme. L'homme porte un "pantalon" souple appelé braies avec des bandes molletières entrecroisées sur les jambes, du genou à la cheville.

Plus tard, la cotte et le surcot remplacent la chainse et le bliaud. Le surcot origine des croisades. Il est tout d'abord porté pour éliminer les reflets du soleil sur l'armure. La couronne ou chapel d'orfèverie démontre l'opulence mais elle n'est pas un signe de rang social avant le XVIème siècle. 

          

Le costume gothique

             

Aux XIIIème et XIVème siècles, les vêtements féminins et masculins finissent par se distinguer. L'art gothique prend racine en France et devient international. La minceur et la verticalité que l'on remarque dans l'architecture se retrouve aussi au niveau du costume.

Le costume masculin raccourcit jusqu'à seulement quelques centimètres au-dessous de la taille. Celui de la femme devient plus décolleté et ajusté comme le démontre la cotardie. Les boutons ainsi que les lacets sont utilisés. Les manches s'élargissent. L'homme porte une cape d'épaule avec un capuchon nommée chaperon. Il comporte une longue pointe appelée liripe. Elle est mise autour du cou, du bras, ou pend à l'arrière. Le hérigaut est un manteau porté par l'homme et la femme à partir du XIIIème siècle. Des fentes pallient à l'absence de manches et laissent entrevoir la doublure. Du coté masculin, le pourpoint (vêtement court et doublé) fait son apparition. Il est accompagné de chausses qui sont habituellement taillées dans le biais du tissu.

La mode du mi-partie  (vêtement de deux couleurs divisé de façon horizontale, verticale ou diagonale) est remarquée chez l'homme  au XIVème siècle et se propage par la suite chez la femme. La houppelande (grande robe à manches volumineuses) est portée par l'homme et la femme. Par temps froid , le mantel (cape longue) est utilisé. Les armoiries de la famille sont appliquées ou brodées sur le costume. On remarque aussi une certaine massivité dans les ceintures; aumonière et dague y sont attachées.

Les deux sexes chaussent des souliers pointus de velours ou de cuir flexible. Ces souliers sont appelés poulaines. Chez l'homme, la pointe peut être tellement longue qu'elle nécessite d'être attachée aux genoux par une fine chaîne! La pointe de la chaussure est proportionnelle au rang de celui qui la porte. Ducs et princes sont autorisés à porter des chaussures atteignant deux fois et demie la longueur de leurs pieds. La haute aristocratie a droit à deux fois, les chevaliers une fois et demie, les gens riches une fois et l'homme du peuple une demi-fois seulement.

               

La mode bourguignonne

                  

La mode bourguignonne de la fin du XIVème au milieu du XVème   siècle marque la fin du moyen âge. Le gothique tardif est d'une verticalité encore plus marquée. L'accent est mis sur l'ourlet du vêtement ou la bordure des manches. Elle prend la forme des créneaux des châteaux, elle est dentelée ou simplement déchiquetée. À cette époque, les grelots sont très prisés comme accessoires décoratifs, que ce soit sur les vêtements, les chaussures ou les ceintures. Le hennin, ce chapeau pointu maintenant associé aux contes de fées, a été apporté par Isabelle de Bavière dans la dernière partie du XIVème siècle. Il atteint jusqu'à 60 centimètres de hauteur.

La taille du costume féminin monte et est accentuée par le bandier (ceinture portée sous les seins). L'encolure de la robe a la forme d'un V au devant et au dos. La robe comporte une traîne. Pour l'homme le col de la houppelande allonge. C'est le col carcaille. Les cheveux sont courts, au-dessus des oreilles. Cette mode est surnommée "coupe à l'écuelle". Le chaperon est porté en turban enroulé sur la tête dit "chaperon façonné".

En 1476 les lois somptuaires régissent la mode. Elles limitent l'extravagance. Elles déterminent entre autre la longueur maximum de la traîne de la robe des dames et le coût des vêtements. Il semblerait que certains moines franciscains refusaient l'absolution aux femmes dont la traîne était trop longue.

                   

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Le costume féminin sous toutes ses coutures

         
Les tissus et les couleurs
          

Au début du Moyen Âge, on utilisait les couleurs neutres dans des draps de laine et de lin. À la suite des croisades, le luxe de la soie d'orient, les broderies et le coton d'Arabie apparaissent. Le velours , très apprécié, est intégré aux vêtements à partir du XIIIème siècle. Les couleurs les plus fréquentes sont le bleu, le pourpre, le vert et le rouge. Bien que les préférences de la cour de Bourgogne et de la haute aristocratie vont aux couleurs sombres, les riches bourgeois privilégient les couleurs éclatantes. En 1468, Charles le Téméraire surprit ses courtisans en ordonnant le costume d'apparat noir. La noblesse française porte le blanc lors de mortalité. Par contre, les espagnols eux portent le noir en signe de deuil depuis le XIème siècle. Le cuir est très présent, surtout en Angleterre. On utilise la fourrure comme garniture ainsi que pour doubler les vêtements. Les peaux d'hermine et de menuvair (écureuil gris de Sibérie) sont les plus utilisées. Les vêtements sont ornés de motifs de losanges, de croissants, de fleurs de lys...

               
               
Robes de mariée

Aussi loin que nous puissions remonter, au cours de l'Empire Romain, il est connu que la promise était vétue d'une robe blanche et d'une couronne de fleurs d'oranger. Cette tradition qui a ensuite revu le jour à la fin du XIXème siècle, fut manifestement oubliée au Moyen Âge . En effet, à l'époque médiévale, il n'était pas d'usage de porter une robe spécifique pour le mariage mais plus simplement sa plus jolie robe, même dans les milieux favorisés. Les rapports détaillés des mariages princiers en France nous apprennent qu'était plutôt l'usage de costumes en lamé argent, le blanc étant souvent présent par des bordures de fourrure en hermine. La robe de la reine Victoria, exposée en Angleterre, était plus de couleur beige qu'ivoire. Les tableaux de l'époque témoignent d'ailleurs que c'est seulement à la Renaissance que les épouses commencèrent à revêtir une robe de couleur blanche.

                     

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Robe de mariée médiévale blanche
                     

Sources : http://www.geocities.com/SoHo/Coffeehouse/6572/costume.html
http://www.csdm.qc.ca/clavardage/lambertclosse/lucienne/vetements/page1.html